Dernières nouvelles

Jour 21: Vendredi 27 juillet – 440 km

Nous quittons Bobo à l’heure dite. Nous reformons les équipages initiaux. Le reste du groupe se donne un petit moment de répit. Le téléphone ne tarde pas à nous rappeler son bon souvenir. M. le Maire de Nebie…nayou nous donne le lieu du point de contact et nous précise qu’il y aura un comité d’accueil, parce que lui, reste au village ! Nous enfilons les kilomètres de brousse sans perdre de temps. Déjà 10h30 et encore pas mal de route à faire. Nouvelle sonnerie du téléphone, M. le Maire de Nebie…..you nous dit qu’en fait, la piste qui mène au village est indiquée sur la droite au carrefour de Gode. Une moto pilote nous guidera jusqu’à Ne…..nayou. Nous arrivons à Gode, nous tournons à droite, le pilote de la moto attendue nous fait signe de main : suivez-moi. Le détour par Ne…linayou n’était pas prévu dans notre timing et cela va nous retarder. Céline et Christophe, avec leurs enfants Corentin et Charline, sont en résidence dans la maison d’hôtes de PAA. Ils se font une fête d’accueillir les 4 équipiers avec leurs familles.  La piste qui mène à Nebielinayou est en bon état. Notre guide motoriste nous informe que l’on est presqu’arrivé, mais le pont est en réparation et il faut dévier par un passage à Gué. Le pilote de la moto navigue tant bien que mal avec les jambes écartées à l’horizontal.., enfin presque. Claire emmène sagement Jumper à l’abreuvoir et trempe ses pneus jusqu’à l’essieu sans encombre pour franchir la rivière. Zitoun ne drive pas Boxer de la même façon. Les pneus se mouillent jusqu’au sommet. Le moteur cale. Boxer prend son bain et refuse de la quitter. Rien à faire pour redémarrer. Le village est tout prêt. On attèle Jumper pour sortir Boxer de là.

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Très vite nous nous rendons compte que le moteur est serré. Une immense détresse nous envahit. Nous venons de faire environ 7500 km pour livrer des véhicules en bon état et, à 500m du but, l’un d’eux rend l’âme.

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Au village un accueil spontané nous est réservé avec musique et danses traditionnelles. Les ambulances se présentent remorquées l’une à l’autre. Nous nous essayons à faire crier les alarmes et briller les feux de détresse. Quel spectacle donnons-nous ? Je fais part de mon profond mécontentement à M. le Maire de Nelinabieyouyou. En fait le nom du village ne me revient pas. Nous n’aurions jamais dû être amenés à franchir ce cassis. C’est de la folie. Les flutistes et les percussionnistes remettent l’ambiance. Les femmes redoublent leur pas de danse. M. le Maire, orné de sa belle écharpe de premier magistrat, nous invite à nous asseoir autour d’une table en attendant le reste de la délégation. M. le Maire a été informé que nous étions 14 personnes avec nos familles. Nous ne sommes que 4 et nous n’avions pas prévu du tout faire la fête ici. Arrive l’eau de l’amitié, puis les rafraichissements : bière pour tout le monde. M. le Maire nous dit qu’un mécanicien a été dépêché pour faire le dépannage.

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Le groupe de personnes initial s’étoffe de plus en plus. Attirés par les hennissements des ambulances, le bruit de la musique et les hurrahs du porte-voix, ça arrive de partout. Vient maintenant le temps des discours. M le Maire, Monsieur le chef du village, Monsieur le chef des terres, Monsieur le Major du dispensaire, Monsieur le représentant du chef du village d’à côté, Monsieur d’à côté qui ne représente que lui. Tous ces discours spontanés sont unanimes pour dire combien les uns et les autres sont reconnaissants. Leurs sincérités nous vont droit au cœur pour nous motiver dans le succès de notre mission. Le mécanicien est enfin arrivé. Il a l’air serein. Il est équipé d’un téléphone qui lui permet de dépanner en hotline. Un déjeuner a été préparé pour nous. M. Le Maire nous invite à passer à table pour patienter.  Le menu, lui aussi est traditionnel !!! La faim justifie les moyens. On ne compte plus les bouteilles de bière vides qui souffrent d’être devenues urinantes. De temps en temps, un convive quitte la table et 2 autres le remplacent. Il y en a pour tout le monde. Ceux qui arrivent maintenant se désolent de ne pas avoir été prévenus. Nous avons le droit chaque fois à des chaleureux remerciements. M. le Maire précise à tous qu’aujourd’hui ce n’est qu’une prise de contact. Une cérémonie sera organisée prochainement pour la remise officielle de l’ambulance au village. Pendant ce temps-là, le mécanicien a mis le moteur de Boxer à nu. On reste suspect !

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Une autre tournée de bière fraiche s’avère nécessaire pour vaincre notre stress devenu insupportable. Et puis voilà que l’on nous offre un poulet, puis une beau coq bien dodu, mais aussi une pintade (heureusement muette) et un mouton bêlant un bénédicité.

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Soudain, un bruit nous alerte, le mouton ne bêle plus, nous sommes à l’écoute, c’est Boxer qui tousse. Le mécanicien a réussi à desserrer le moteur. On se précipite. Les injecteurs ont été déposés et la purge est efficace. On retrouve le sourire et l’envie d’arroser ça. Il reste de la bière au frais. Boxer ne tousse plus, il ronronne d’un bruit très régulier. Une bonne lessive lui redonne un air gaillard. Il est décidé à nous ramener. Des sanglots de bonheur mouillent nos yeux. Le mécanicien est béni. Pour ce qui est de la facture, c’est M. le maire qui va payer. Y’a pas de problème. On charge notre ménagerie.

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Au revoir tout le monde et, à bientôt pour la cérémonie officielle. On quitte le village avec nostalgie. M. Le Maire en personne nous attend au passage à gué pour nous indiquer le bon chemin. Jumper et Boxer franchisent le passage de la rivière sous l’applaudissement des tribunes. Il est 17h. On fait un arrêt au collège Moukassa de Koudougou pour dire bonjour à Frère Joseph. C’est le Président de l’ONG PAA Burkina. Le reste du groupe vient nous retrouver.  Ils ont quitté Godin pour rejoindre Ouagadougou en soirée. On décide d’honorer notre programme sans faillir. C’est dire que l’on prend la direction de Godin pour faire coucou à Christophe et Céline et pour lester Jumper et Boxer d’une grande partie de leur précieux chargement. La nuit tombe. Nous traversons Godin sirènes hurlantes. L’effet est immédiat. Nous sommes encerclés par une foule de curieux. Nous ne nous attardons pas. Il nous faut bien encore 3 heures pour arriver à Ouaga, là où nous avions fixé notre cap. Nous atteignons notre but à 22h30 ce 27 juillet après 7866 km. Nous ne trouvons pas les mots pour communiquer notre émotion d’avoir réussi un défi qui peut paraître insensé aux yeux de certains. Et puis nous nous resserrons pour associer Mitxu à notre bonheur. Mitxu est la femme de Gérard chez qui nous avons fait étape le 7 juillet. Gérard vient de nous informer de son décès.

B.

Jour 20: jeudi 26 juillet

Retour à Bobo Dioulasso, la capitale économique du Burkina Faso. Journée technique et quartier libre. Visite de la vieille ville pour les uns, tour de marché pour d’autres, contrats d’assurance des véhicules pour moi, bonjour mon cousin, bonjour ma cousine pour Guillaume et Raïssa.

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Le ciel s’obscurcit. Une pluie tropicale soudaine et diluvienne s’abat à toute volée. Le bruit gronde sous les tôles.  L’eau ravine les voies non revêtues. Il faut deviner la bonne trajectoire et ne pas craindre l’embourbement. Bref, chacun se débrouille comme il peut pour rejoindre la maison de Lydie, lieu de rassemblement pour le diner. Par mesure de sécurité, les véhicules sont stationnés sur un petit promontoire et on termine à pied dans la nuit noire en évitant la chute fatale, ou les chaussures sales. On ne s’attarde pas trop. Il nous faut aller au lit car demain le départ est fixé à 7h pour être à Godin, lieu de destination de la 2ème ambulance, à l’heure du déjeuner.

B.

Jour 19: Mercredi 25 juillet – 110 km

Journée famille– journée tranquille – Nous prenons la direction de Banfora. La brousse se transforme en une vaste plaine irriguée. Les plantations de canne à sucre se succèdent à perte de vue, en alternance avec des champs de maïs et des cultures de riz.

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Les falaises de Karfiguela forment un écran rocheux sur lequel les cascades nous offrent leur fraîcheur rafraîchissante. Que du bonheur pour ceux qui précipitent à la douche !

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La soirée au centre d’accueil Sainte Marthe se termine à la lueur des bougies du gâteau d’anniversaire de Nicole, la femme de Bernard.

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B.

Jour 18: Mardi 24 juillet – 170 km

Sikasso est très animée ce matin. La campagne électorale bat son plein. Des véhicules haut-parleurs scandent les programmes de leur candidat favori. Il y a 24 candidats qui se présentent au suffrage des électeurs pour être élu Président de la république. Une voiture de propagande vient se garer dans la cour de l’hôtel, à l’ombre des ambulances. Le chauffeur ouvre la voiture et un personnage de haute importance en sort et vient engager la discussion avec nous. C’est le représentant officiel du Président sortant dans la campagne électorale. Le Président est attendu d’un moment à l’autre à Sikasso pour tenir un meeting. Ouah, il ne faut pas que l’on moisisse ici pour ne pas être bloqué. Ce monsieur de belle apparence, voudrait engager un partenariat avec PAA, pour que son village puisse disposer d’une ambulance ! Un regard scrutateur fait entrevoir les deux jambes d’un homme blanc qui est allongé sur le toit de boxer. Zitoun est en train de remettre en place la rampe d’alarme. En effet on imagine notre arrivée à Bobo ce soir au son des ambulances.

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On arrive vite à la frontière. Le protocole est immuable : police, douane gendarmerie. La sortie du Mali se fait sans accroc. Nous anticipons avec angoisse l’entrée en territoire Burkinabé. Les autorités sécuritaires françaises ont décrété le passage en zone rouge, jusqu’à Bobo. C’est-à-dire interdiction d’accès aux ressortissants français.

La Police Burkinabé ne fait aucun obstacle, bien au contraire. Partage Avec l’Afrique, ça veut dire qu’il faut partager avec nous ; « Donne-moi un cadeau ».

La douane nous pose des difficultés car nos véhicules doivent être dédouanés. Il faudrait payer une attestation de transit pour faciliter les démarches des bénéficiaires. Je refuse et exige un passe-avant qui ne coûte que 5000F au lieu des 65000F réclamés par un transitaire que l’on n’avait pas sollicité. Les discussions s’engagent en respectant la voie hiérarchique : d’abord avec le douanier de la guérite, puis celui de la chaise longue, le sous-chef dans son bureau climatisé, le chef dans son standing directorial. Après deux tours de palabres, on obtient un laisser passer de 5000F. Bingo !

Il reste le poste de gendarmerie. Un gendarme qui ne rit pas expose fièrement sa mitraillette et demande à voir ce que renferment les véhicules. Finalement sans trop attendre, la barrière se lève pour laisser le champ libre à Jumper et Boxer. Le Burkina est à nous. Avec tout ça il est plus de 16h. Nous faisons un arrêt buffet.  Première Brakina rafraîchissante. Il y en aura tellement d’autres par la suite. Zitoun et Claire sont au riz sauce, avec Bilou nous partageons un riz gras. Et puis vient le moment où nous ressentons la pression des retrouvailles.

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Un contact téléphonique nous apprend que nos familles sont arrivées au lieu d’hébergement. Nous mettons en scène une arrivée triomphale avec alarme et feux de détresse Nous insistons parce que le portail ne s’ouvre pas. Finalement un groupe de personnes alertées par tout ce vacarme de détresse, vient vers nous pour avoir des nouvelles de cette situation alarmante pour eux. En fait nous nous sommes trompés d’endroit. Nous sommes devant l’entrée de l’archevêché. Nous nous excusons devant Monseigneur l’Archevêque. Jumper et Boxer, reviennent sur leur pas et trouvent la bonne direction. Ils sont là. Cris de hourrah, applaudissements, et puis l’émotion, quelques sanglots contenus. Trop de choses à raconter en un seul coup. Mission du devoir accompli. Il reste maintenant à distribuer les colis à leurs destinataires, à Bobo, à Koudougou, à Godin, à Ouagadougou. Le plus émouvant sera de confier Boxer et Jumper à leurs bénéficiaires.

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B.

Jour 17: lundi 23 juillet – 380 km

Réveillés par le bruit de la ville, nous n’avions plus l’habitude, nous nous dirigeons vers le petit déjeuner compris dans le prix de la chambre et trouvons salle fermée, la cuisine et les frigos vides, le cuisinier est en vacances ! Le gérant aussi ! C’est exceptionnellement un jour chômé au Mali pour permettre à la population d’aller chercher sa carte d’électeur. Dimanche prochain auront lieu les élections présidentielles. On se débrouille…

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Il nous manque les tampons de la police sur les passes-avants des véhicules, Zitoun s’offre d’aller au commissariat le plus proche pour faire les formalités, le gardien de la maison du partenariat Angers / Bamako se propose pour l’accompagner à moto ! Ni une ni deux, le voici embarqué, short à l’air, tongs au vent, les fesses serrées. Le pilote prend le premier rond-point à l’envers, puis évite un âne de justesse, remonte deux boulevards au sens inverse de la circulation en slalomant entre les véhicules qui eux ont compris le concept du sens unique. Ouf, la machine s’arrête, Zitoun respire, pas pour longtemps ! Le pilote se retourne et lui dit, «  il n’y a plus d’essence, il faut pousser ».

Les formalités de police effectuées en quelques minutes, il faut repartir en poussant la moto (dans le bon sens de circulation cette fois). Il faut trouver de l’essence ! 300m plus bas, il s’arrête devant une table où quelques bouteilles sont posées, c’est de l’essence. Il demande à zitoun : « tu mets combien ? C’est 500 francs minimum ! »… Bon bah, 500 francs alors !

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La décision est prise, en fonction de l’état de fatigue des chauffeurs, nous coupons le dernier tronçon prévu en deux pour faire une nuit de plus au Mali, nous trouverons bien un hôtel à Sikasso !

Nous quittons Bamako par la route nationale 7, le GPS nous fait passer par un raccourcis ultra sécurisé de l’aéroport, nous sommes accueillis au bout de la voie privé par un militaire, kalachnikov au poing, il nous remet sur la bonne voie.

Nous repartons, le GPS nous indique: Prochaine intersection dans 393 km !

Une route toute droite, un nouveau décor, la campagne verte et cultivée, moins de troupeaux, plus de cultures, des rizières, des tracteurs, une forêt protégée.

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Après notre petit déjeuner minimaliste de ce matin, nous décidons de nous offrir un bon restau ce midi avec une pause bien méritée. Tous les yeux sont ouverts le long de la route lors que nous choisissons une terrasse ombragée,  une belle pancarte attrayante, une large place de stationnement pour Jumper et Boxer à l’ombre avec foin et abreuvoir… Bref, l’arrêt rêvé ! La serveuse nous indique qu’il n’y a pas de carte mais un plat unique, riz sauce feuille, poisson, salade… Ce n’est pas très clair… Claire justement arrive sur l’entre fait, ne comprenant pas le visage de ses coéquipier, claironne qu’elle veut un bol de riz, alors ok plat du jour  et on verra bien !

Notre rêve s’arrête quand nos assiettes arrivent… L’odeur est sans nom, le goût indéfinissable…

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Nous arrivons à la tombée de la nuit dans un petit hôtel de passage, le responsable de la commission hébergement à refuser la première proposition de dormir à l’hôtel du cinquantenaire qui avait pourtant la piscine !

Il nous reste demain une ultime frontière à passer et 170 km pour rejoindre Bobo Dioulasso, BF !

Neï zaabré !

C. & Z.

Jour 16: dimanche 22 juillet – 610 km

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Réveil au cri des singes. Douche à l’eau chaude s’il vous plait. Petit déjeuner aux soins de Mada. C’est la gérante du campement. Il n’a pas plu cette nuit, les risques d’embourbement sont réduits à néant. Un plein pour Boxer et Jumper à Kédougou, suivi d’une bonne douche. On trouve même un DAB sur le bord de la route pour retirer les Francs CFA qui commencent à faire défaut. Nous arrivons au poste frontière sans trop de difficultés tellement les trous dans la route étaient facilement évitables. Tout se gâte lorsque nous nous rendons compte qu’il y a plusieurs kilomètres de camion en attente, sur plusieurs files dans un sens comme dans l’autre.

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   Il nous faut 2h30 pour faire les formalités du territoire sénégalais et celle d’entrée au mali. Rajouter à cela une taxe supplémentaire du fait que l’on est dimanche et qu’il y a dépassement de service. Nous en profitons pour re-équiper JUMPER de sa rampe de feux, nous nous occuperons de BOXER plus tard ! La route est encore longue pour rejoindre Bamako. La multiplication des ralentisseurs est exponentielle et ralentit notre progression. Nous traversons des fleuves prêts à déborder. Les cultures agricoles font place à la forêt. Les plaines font place aux montagnes magnifiques avec cette falaise que nous suivons dans la vallée par la RN1 qui doit nous conduire à BAMAKO.

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Mais que la route est longue… Les dos d’ânes (communément appelés : gendarmes couchés) au nombre de 4 ou 5 par village obligent les véhicules à les franchir à 10 km/h grand maximum ! Les policiers débout obligent à s’arrêter pour contrôler les papiers. Les gendarmes armés, obligent à s’arrêter pour payer, mais laissent passer le convoi humanitaire gratuitement. Depuis que JUMPER a retrouvé sa rampe de feux, ça passe crème. Les douaniers allongés nous font nous arrêter pour contrôler les passes-avants des véhicules, avant que BOXER et JUMPER ne puissent franchir les barrières de sécurité. Les Maliens hospitaliers nous arrêtent pour prendre le thé ! Mais ils semblent plus intéressés par l’ambulance en demandant si nous avons des médicaments !

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La nuit est tombée depuis longtemps déjà quand nous approchons Bamako. Les contrôles sont renforcés à l’entrée de la capitale. La traversée au milieu des milliers de camions stationnés, en circulation, en pause, en panne, sur une route complètement défoncée, ne nous mettent pas en avance. Des trous sans fond, une file sans fin, une nuit sans lune, un décor à la Mad Max, une arrivée dans cette capitale Malienne difficilement descriptible, une traversée avec sang-froid (glacial) des chauffeurs épuisés…   Le GPS nous conduira jusqu’à la maison du partenariat ANGERS / BAMAKO, qui a perdu son enseigne pour des raisons de sécurité, à 00h30. Mais pour franchir le portail de la maison, il faudra encore que le service de sécurité contrôle Jumper et Boxer à l’aide d’un miroir pour qu’il n’y ait aucun engin explosif de fixer dessous. Nous trouvons nos chambres, tombons comme des masses à 2h, il faudra envisager quelque chose pour la journée de demain car nous ne pourrons pas dans ces conditions rejoindre BOBO en une seule traite.

Tous.

Jour 15: Samedi 21 juillet – 85 km

Au levé ce matin, nous prenons le temps de vivre, ne nous voulons faire que 80 km aujourd’hui car on nous annonce une route en mauvais état. Quelques petites heures de route devraient suffir, nous prenons le temps de discuter avec nos hôtes du campement de Ibrahima. Bilou et Zitoun parlent de plaques solaires, Bernard cause humanitaire avec l’ONG de Barcelone, Claire installe son hamac…

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Nous signons le livre d’or et prenons la route à 11h en direction du campement de KEUR ANNICK à Mako que nous souhaitions atteindre hier soir et que nous devrions atteindre pour déjeuner, campement que Jumper et Boxer n’attendrons jamais!!!

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Au commencement, Dieu créa la route, et surprise au bord de la route, Dieu créa le singe! Nous nous arrêtons pour les photos, mais très vite le singe deviendra comme le dromadaire au maroc, une banalité sur le bord de la route… La route… « il y a du goudrons d’un bout à l’autre du trajet » qu’il disaient ! Je les entends encore raconter leur périple d’il y a 3 ans et cette route goudronnée neuve qui n’est pas sur les cartes et très peu fréquentée… Ce n’est plus des nids de d’autruches, mais des nids de diplodocus ! De troupeaux de diplodocus… Les camions qu’ils fallait doubler sur le goudron lorsqu’ils roulaient à 70 km/h, roulent à la même vitesse et nous doublent sans prévenir.

Depuis 3 ans, les camions ont connus cette route plus rapide pour rejoindre Bamako et l’ont défoncé, elle est en cours de réfection, une cinquantaine de km sans goudrons…

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Apparemment, il a plu beaucoup la nuit dernière dans le secteur, ce qui ne facilite pas l’état de la piste. Par contre, nous avons pu profiter pleinement des paysages de ce parc naturel, de la faune qui y habite, c’était beau et vert, incroyablement vert en contraste total avec la seconde partie du périple. Nous passons Mako à 16h30, 5 heure pour faire 80 km. Le campement des hippopotames est à droite après le pont. Une piste détrempée que nous prenons gaiement Boxer en tête. Au bout de 50 mètre, nous voyons bien que ca ne va pas passer, le piste est trop grasse. Nous apprenons qu’il y a une autre piste meilleure plus haut! Demi-tour, Jumper en tête, nous nous dirigeons vers le campement. Jumper hésite, Boxer le dépasse, fait le fier et se plante à 50 mètres de l’entrée du campement.

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Le gérant vient à notre rencontre, nous avons tout essayé, les cailloux, les branches sous les roues, pousser… Boxer est terré dans son chemin de boue. Le gérant se se voit contraint d’appeler le 4×4 d’un autre campement à 7 km qui appartient au même propriétaire. Le 4×4 ne mettra pas de temps à tirer boxer de cette impasse et le remettre dans le droit chemin ! Nous décidons donc de suivre le 4×4 vers le deuxième campement SAFARI AFRICA.

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Au bord du fleuve Gambi, en plein forêt au milieu des lianes, ce petit coin de nature est l’endroit idéale pour se poser avant le longue route de demain! Le réseau internet n’est qu’en Edge, ou 2G comme ils disent par ici, les photos d’hier et d’aujourd’hui arriverons plus tard !

Nous décollons demain de bonne heure pour passer la frontière et dormir demain soir à Bamako, si tout se passe comme prévu !

Z.

Jour 14: Vendredi 20 juillet – 560km

Afrique

Nous quittons Dakar par  l’autoroute en direction de Mbour. Que Dakar nous semble moderne. Une capitale résolument tournée vers l’avenir, en changement, en chantier, en ébullition…

Quelques gouttes de pluie perlent sur le pare brise, tiens il pleut!

Quelques gouttes de sueur perlent dans le dos, tiens il fait déjà chaud!

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L’autoroute à peine quitté, nous sommes immédiatement plongés dans ce décor de l’Afrique verte : la terre est rouge, nous voyons des baobabs à perte de vue, de plus en plus de termitières… le Sénégal rural s’offre à nous. Les champs sont cultivés, les villages sont animés. Les dromadaires, phacochères et autres animaux rencontrés le long de ce périple ont laissé la place aux troupeaux de moutons, de chèvres, d’ânes, de chiens errants, de pintades, que des animaux domestiques qui n’ont pas peur de la route et de ses passants motorisés.

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Les villages sont que nous traversons les uns après les autres sont éventrés par cette nationale 1 trop fréquentée, sur-utilisée par des poids lourd, trop lourd, cette nationale qui nous semble être sans aucun doute meurtrière : plusieurs pneus éclatés par kilomètre, une épave de voiture ou de car tous les 5 kilomètres, un camion en panne tous les 10 km, des carcasses d’animaux éventrées frappés par des véhicules, mais de façon très surprenante, pas de nids de poules!!! il y a beaucoup de monde dans les villages et dans les champs, la campagne sénégalaise est vivante.

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Après 4 h de route, nous faisons une pause déjeuner rotchildienne, dans le seul restaurant que nous trouvons puisque nous sommes vendredi! Nous revoyons à la baisse nos objectifs pour le campement de ce soir puisque nous avons avancé seulement de 200 km. Quelle est notre vitesse moyenne de la matinée?

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La pizza engloutie, la route reprise et oh surprise, les villages sont déserts, quel contraste avec ce matin! Dans chaque villages devant les mosquées, des tapis de chaussures attendent les pieds des fidèles. C’est l’heure de la grande prière du vendredi. Boxer et Jumper en profitent pour accélérer l’allure. Les villages reprennent vie les uns après les autres…

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Notre navigation va bon train, la descente plein sud est finie, nous avons pris ce matin le cap plein Est. Nous restons sur la même longitude et changerons maintenant seulement de latitude, même s’il n’y aura plus de décalage horaire. Nous campons à Dar Salam, Le campement rustique mais qui offre malgré tout, tout le confort nécessaire (gazelle fraiche) est complet. les uns dans une case les autres dans les civières des ambulances. Le campement est plein d’espagnols qui ne semblent pas fatigués!

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Bonne nuit!

C.

Jour 13: jeudi 19 juillet – relâche 2

Jour de relâche encore à Dakar. Le lever est tardif pour les garçons. Claire accompagne Sylvie qui fait des achats au marché pour remplir une toute petite valise que nous acheminerons au Burkina. Quelle découverte! Quelle immersion ! L’ambiance grouillante est débordante d’animation. Guidée par Sylvie dans les méandres des ruelles et des étals,  mais aussi par les couleurs, les odeurs, la foule très affairée. Entre deux palabres sur le prix des marchandises, la gentillesse sénégalaise nous a fait passer un très bon moment.

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 Zitoun met les comptes à jour. Bilou repose ses intestins. Quant à Bernard, il récupère les informations nécessaires à la poursuite de notre périple et à l’accueil de des familles qui vont atterrir à Ouagadougou demain soir. Sylvie nous quitte en fin de matinée pour aller rejoindre son mari à Abidjan. Elle nous confie sa maison. Nous avons le droit à un déjeuner typique Sénégalais succuleusement préparé par une amie locale.

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 En début d’après-midi il nous revient à l’idée que c’est le moment de la sieste. Les canapés moelleux nous incitent à farniente devant le poste télé qui nous rapporte l’arrivée du tout de France à l’Alpe d’Huez. Après tant de kilomètres effectués dans un environnement sans relief, avec des trajectoires linéaires et des paysages désertiques, il nous plait de constater que le monde n’est pas figé a notre décor originel.

Au réveil de la sieste, Sylvie nous ayant gentiment prêté sa voiture pour nos déplacements à Dakar, nous prenons la route vers le fameux et célèbre lac rose… Claire au volant, Bilou au guidage gps… Sur la route le décor est coloré mais au surprise, pas le lac. Déception ! Nous apprendrons plupart que pour le voir rose il faut venir à midi un jour de grand soleil… Oups !il est presque 18h et le ciel est chargé d’un gris menaçant !  Nous décidons d’en faire le tour, il y a une digue au bout… Nous n’avons jamais vu la digue, heureusement un âne nous indique le chemin pour ne pas s’enliser… de l’autre côté, nous slalomons entre les dunes de sel extrait de ce lac. La surexploitation du sel et du pompage des nappes phréatiques font réduire la superficie du lac drastiquement (3km² aujourd’hui alors qu’il en a déjà fait 32).

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Nous prenons la route par la corniche pour revenir à Dakar. Alors que nous pensions trouver une route pittoresque, nous empruntons une quatre voies toute neuve et découvrons des kilomètres et des kilomètres  de dunes et de plages abondamment fréquentées par les Dakarois.

Malgré le trafic très dense, Il n’est pas question de quitter Dakar sans avoir vu le monument de la renaissance africaine. Nous l’atteignons à la tombée de la nuit, son gigantisme nous impressionne, pas les 93 marches pour se rendre au pied que nous gravissons d’un pas décidé non sans faire quelques arrêt photos du phare des Mamelles que nous avons en face de nous… Ce monument, source de polémique, symbolise l’Afrique tournée vers l’avenir.

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La journée s’achève avec un autre repas typiquement sénégalais, poulet sauce arachides, préparé par la même cuisinière que le repas de ce midi. Encore un délice, que Bilou ne goutera malheureusement pas, il est remplacé à table par un autre Guillaume, cousin de Silvie qui passe par là.

On n’éternisera pas à soirée, nous prenons la route très tôt demain matin. Il nous reste deux nuits à passer au Sénégal. Ces deux jours de relâche de conduite,  cette pause amicale touristique et culturelle nous aura fait grand bien. Que Sylvie est accueillante, que Dakar est impressionnante!

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C’est, propres, remplis de sommeil réparateur, armés de courage et d’insouciance, habités par la soif  d’aventure pour les uns, l’envie d’arriver pour les autres,  que demain matin nous demanderons la route à Massara et retrouverons nos fidèles compagnons, Jumper et Boxer…

C.

Jour 12: mercredi 18 juillet – relache

Après 3 heures de sommeil, notre hôte Sylvie nous dit que le mécanicien nous attends pour réparer le camion. Zitoun saute dans son pantalon et explique le diagnostique, il faut changer la tête (le tampon) de l’amortisseur avant gauche de Jumper, et vérifier le filtre à gas-oil changé la veille car il y a une fuite. Le mécanicien nous recontacte une heure plus tard, il a trouvé la pièce, on négocie la réparation (à la française, c’est à dire que c’est quand la négociation est faite qu’on se rend compte qu’il fallait négocier).

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Aujourd’hui c’est relâche d’ambulances, Boxer et Jumper sont au repos, remise en forment pour le dernier tiers de la route à venir. Pour les pilotes masculins, c’est lavage du linge, le service lavomatique est passé à domicile! Sylvie nous accueille royalement, elle nous invite à boire au clairon!

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Les premiers cadeaux amenés par Boxer et jumper peuvent être distribués, c’est noël pour les enfants !

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Nous décidons de visiter l’île de Gorée dans l’après midi, site classé aujourd’hui au patrimoine mondial de l’Unesco, symbole de l’horreur de la traite négrière. Île magnifique et pleine de vie, ou nous clamons notre liberté de ne pas être déranger par les pseudo guides qui venaient nous proposer leurs services, nous aspirons au repos et la tranquillité !

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Au retour vers notre campement, notre hôte nous demande ce que nous voulons manger ce soir. Bilou réclame de la langouste, il faut dire que Bernard nous demande de la langouste depuis le Maroc ! Nous passons au marché du poisson pour choisir nos pièces, l’odeur est saisissante, Bernard et Bilou choisissent de rester en voiture.

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Camerons et Langoustes seront achetés. Claire et Zitoun décident de passer en cuisine pour soulager nos cuisinières et cuisinier nos mets. Cette visite au port de pêche est incroyable d’activités organisées, hommes et femmes ont un rôle précis à faire: ceux qui vendent, celle qui écaillent, celui qui aiguise les couteaux, toutes les barques colorées sont remontées sur la rive.

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Il manque du vin blanc avec ces fruits de mer, qu’à cela ne tienne, nous allons à la station service en chercher! Sur le chemin, nous croisons notre mécanicien qui nous remet les clés de Jumper après que Zitoun ait testé la réparation. Nous nous mettons en cuisine puis à table pour se régaler de ces produits de la mer.

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Une nuit réparatrice nous attends, les bruits de la capitale Sénégalaise nous nous empêcherons pas de rejoindre le pays des rêves rapidement.

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C. et Z.

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